Laure Boulard
Mon portrait chinois

Si j’étais un animal, je serais…
Un hérisson…
Pour sa beauté, sa discrétion et sa curiosité

Si j’étais un livre, je serais…
Les fleurs du mal de Baudelaire…
Pour le voyage dans lequel il m’entraîne à chaque lecture.

Si j’étais un parfum, je serais…
L’odeur d’une prairie après la pluie…
Imaginez une prairie chauffée par un soleil printanier, ensuite y vient la pluie, et imaginez l’odeur que l’on y respire alors… vous y êtes !

Si j’étais un sentiment, je serais…
La tendresse…
Pour les bonheurs simples qu’elle apporte.

Si j’étais une star, je serais…
Personne en particulier…
Car ne sommes-nous pas tous des stars à notre façon ?

Si j’étais un monument, je serais…
La bibliothèque d’Alexandrie…
Pour toutes les richesses qu’elle renferme.

Si j’étais un sport, je serais…
Un peu tous…
Tant que je peux bouger, changer, me divertir et découvrir.

Si j’étais une plante, je serais…
Un Edelweiss…
Si fragile et pourtant capable de grandir et résister dans son dur environnement.

Si j’étais une activité, je serais…
Le voyage…
Pour découvrir, rencontrer, partager et apprendre.

Un de mes passages de littérature préféré…


Voilà le passage d'un livre de Christian Bobin, "l'inespérée", car avant tout je l'aime énormément, et je trouve que c'est un magnifique hymne à la vie.

"Au fond, même dans ces accès de mélancolie, je n’ai jamais trop su quoi faire de cette vie sinon l’aimer, l’aimer follement et le lui dire : écrire des lettres d’amour, éclairer la blancheur d’un papier en y renversant de l’encre. Ce serait devenu, à la longue, ma principale occupation : un petit métier artisanal, proche de celui de la peinture d’icônes. Ici avec de l’encre, là avec de l’or, c’est la même lenteur qui est requise, le même invisible qui est donné à voir. Je vous aime, madame - même si cet amour ne vaut pas et ne vaudra jamais pour un acquiescement au monde : on ne peut ressentir la douceur de cette vie sans en même temps concevoir une colère absolue contre le mal qui la serre de toutes parts. C’est une règle à laquelle obéissent les peintres quand ils renforcent leurs noirs, afin que leurs clairs soient vraiment clairs.
Ecrire des lettres d’amour est, certes, un travail peu sérieux et sans grande importance économique. Mais si plus personne ne l’exerçait, si personne ne rappelait à cette vie combien elle est pure, elle finirait par se laisser mourir - vous ne croyez pas ?"


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